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Rachat de Société Générale Maroc. Moulay Hafid Elalamy viserait aussi certaines filiales d’Afrique subsaharienne du groupe français

L’ancien ministre du Commerce et de l’Industrie, et PDG du groupe Saham, serait en passe d’acquérir 57% des parts de Société Générale Maroc, détenues par le groupe bancaire français, qui quitte le marché marocain. Mais pas seulement. Moulay Hafid Elalamy veut également à reprendre certaines filiales d’Afrique subsaharienne de la troisième banque française. Les détails.

La nouvelle circule depuis quelques jours sans qu’aucun démenti officiel ou précision ne vienne la contredire. L’une des figures du capitalisme marocain Moulay Hafid Elalamy est en train de reprendre Société Générale au Maroc, rapportent plusieurs sources. Cela semble se confirmer au fil des jours. Le groupe bancaire français, qui ne confirme, ni infirme ces informations, serait en négociation bien avancées avec la holding Saham l’ancien ministre de l’Industrie, pour la cession de sa participation majoritaire de 57% dans Société Générale Maroc.

Un accord aurait même déjà été trouvé et la transaction fait l’objet de discussions en vue de sa prochaine approbation par les autorités compétentes au Maroc. La valeur de l’opération est annoncée à environ 803 millions de dollars, pour une filiale qui, en 2023, a contribué à hauteur de 484 millions d’euros (529,07 millions de dollars) au produit net bancaire (équivalent du chiffre d’affaires) du groupe Société Générale.

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Mais ce n’est pas tout. Outre la cinquième plus importante banque du marché marocain, le PDG du groupe Saham viserait également certaines filiales d’Afrique subsaharienne du groupe bancaire français. Il faut dire que Société Générale, active dans 17 pays du continent, travaille depuis plusieurs mois à réduire sa voilure. Ainsi, depuis 2022, elle a commencé à mettre en œuvre une stratégie de cession de ses filiales africaines, avec deux premières opérations finalisées en République du Congo (décembre 2023) et au Tchad (janvier 2024).

Quatre autres filiales (Mozambique, Burkina Faso, Mauritanie et Guinée équatoriale) sont en cours de finalisation. La filiale tunisienne fait l’objet d’une revue stratégique et rien d’officiel n’est encore révélé sur les 10 filiales restantes jugées plus lucratives, y compris celle de Côte d’Ivoire, deuxième filiale africaine du groupe après Société Générale Maroc.

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Une méga opération en vue

Sur cette dizaine de filiales africaines, Elalamy serait également entré en négociation pour reprendre en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin et au Togo, selon une source généralement bien informée sur le microcosme bancaire en Afrique subsaharienne. « C’est plutôt une méga opération que le groupe marocain envisagerait de réaliser qui devrait lui permettre de mettre la main sur ces quatre banques dans quatre pays ouest-africains. Un coup de maître. C’est le moins qu’on puisse dire pour qualifier cette opération en vue car, à travers elle, Saham veut profiter du désengagement de la banque française de l’Afrique subsaharienne pour se développer rapidement à l’international. L’opération n’est toutefois pas encore bouclée », explique la même source.

Si cette opération en Afrique de l’Ouest se confirme, elle permettrait à Saham Holding de prendre le contrôle d’un réseau bancaire représentant près de 160 agences (Côte d’Ivoire-90 agences-, au Sénégal-52-, Bénin-16- et Togo-2 agences-) avec sa tête la filiale ivoirienne qui commence à habituer aux observateurs aux records de bénéfices après impôts. En témoigne la fin de l’exercice 2023 qui a été marquée en effet par un bénéfice de 97,230 milliards de FCFA (156 millions de dollars) contre 74,612 milliards de FCFA (119,379 millions de dollars).

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En Afrique, Société Générale n’est pas la seule banque européenne à réduire sa présence.  En août dernier, Barclays a vendu sa participation restante de 7,4% dans la banque sud-africaine Absa, actant son retrait presque total de sa présence de 90 ans sur le continent, en n’y gardant qu’un centre de banque d’investissement. 

L’autre banque britannique Standard Chartered a quant à elle annoncé en avril dernier son retrait de cinq pays africains, l’Angola, le Cameroun, la Gambie, la Sierra Leone et le Zimbabwe, afin de se concentrer sur des marchés à croissance plus rapide. 

BNP Paribas a également commencé à se retirer d’Afrique subsaharienne en 2019. Après la vente de ses activités au Gabon et en Guinée, la banque a vendu sa filiale au Sénégal et s’est également retirée de la Côte d’Ivoire. 

En un peu moins de vingt ans, la concurrence dans le secteur bancaire en Afrique subsaharienne a changé de visage. L’offensive est menée par des groupes panafricains parmi lesquels Attijariwafa Bank, Bank Of Africa et Banque Centrale Populaire.

Jusque-là, pour leur implantation, le trio bancaire marocain privilégie l’acquisition de banques existantes. Aujourd’hui, avec leur expansion dans le continent, plus d’un dirham sur quatre des bénéfices qu’elles réalisent est généré par leurs filiales africaines. Rien qu’en Afrique de l’Ouest, elles représentent près de 20% de l’activité bancaire. Ce qui expliquerait les motivations de Moulay Hafid Elalamy dont le désir de devenir banquier n’a au final quitté. Lui qui dispose théoriquement d’un cash d’environ 1,7 milliard de dollars après la cession de Saham Finances au sud-africain Sanlam, pour un montant de 1,05 milliard de dollars, ainsi que la monétisation de la participation du groupe dans Majorel.

 
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